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Joaquim Vassili Crima, l’Obama russe!

Joaquim Vassili CrimaOn le compare déjà à Barack Obama, et pourtant Joaquim Crima n’a que peu de chances d’aller au bout de son ambition. Originaire de Guinée-Bissau, celui qui a adopté le prénom Vassili souhaite devenir maire. Avec un handicap, puisqu’il est le tout premier Noir candidat à des élections en Russie.

C’est près de Volgograd, au sud-ouest du pays, dans la circonscription de Srednyaya Akhtuba (55 000 personnes) que Joaquim Vassili Crima, «le nouveau chapitre du district» comme le clame son slogan de campagne, est candidat aux élections de district. Agé de 37 ans, cet instituteur a mené ses études dans cette région dès 1989, puis s’y est installé définitivement et s’y est marié (son épouse Anait et lui ont un fils de 10 ans). Devenu citoyen russe, il travaille également comme fermier dans la ferme de de 20 ha qu’il possède et dont il vend les récoltes, aidé par la vingtaine d’employés qui y travaillent.


Se présentant en tant qu’indépendant, Crima fait face à cinq autres candidats dont Yuri Khrustov, un ex-enseignant soutenu par le Kremlin. Et dans les faits, il est fortement improbable que Joaquim Crima remporte la circonscription de Srednyaya Akhtuba, non seulement parce qu’il lui manque l’expérience politique et les relations nécessaires, mais aussi parce qu’il doit faire face à la dure réalité d’être un homme noir en Russie. Dans ce pays encore très nationaliste, on avance le chiffre de 12 immigrants tués depuis le début de l’année. S’il n’existe pas de statistiques officielles sur les crimes racistes en Russie, une ONG américaine installée à Moscou parle de plusieurs centaines d’agressions en raison de la couleur de leur peau. «Ils sont souvent raillés dans le métro et sur les marchés», note Lydia Troncale, membre de cette ONG qui travaille avec des immigrés africains. Si Srednyaya Akhtuba est distante de 900 km du métro moscovite, la situation n’y est pas meilleure. Joaquim Crima s’entend bien avec ses concitoyens, mais par précaution, il est accompagné presque partout par son musculeux beau-frère. En décembre dernier, un étudiant noir américain avait été poignardé et grièvement blessé à Volgograd, la plus grande ville de la région, dans une attaque considérée comme raciste.

Vladimir Kritsky, directeur de campagne de Crima, interrogé par les médias, a reconnu qu’une victoire de son poulain était quasi impossible, mais souligne que ce dernier devrait obtenir une place au conseil municipal de la localité en 2011, place promise par le Kremlin, ce qui lui permettra de «faire beaucoup de bien à la région». «C’est quelqu’un de très intelligent qui parle cinq langues. C’est une expérience que le Kremlin voudra soutenir», ajoute-t-il.

Du soutien, Crima en aura bien besoin. Venu en Union Soviétique parce que celle-ci avait soutenu son pays, quand la Guinée Bissau est devenue indépendante en 1974, il qualifie la Russie de «grande puissance» et admire le Premier ministre Vladimir Poutine. Mais pour beaucoup de ses voisins, ce n’est pas suffisant. «Il n’a pas vécu ce que nous avons vécu, et il n’a pas grandi avec nous. Il ne vient pas du kolkhoze», lui reproche un commerçant. Certains se moquent de ce qu’ils considèrent comme de la naïveté de sa part. Une vendeuse assure même qu’elle ne votera pas pour lui parce qu’elle ne veut pas «vivre en Afrique». Une autre dit tout simplement qu’elle ne votera pas pour un «négro».

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Merci à PJ pour l’info!

 
Politique
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trackback uri 2 commentaires

Quelques nouvelles de notre ami Vassili, dont les aventures ne sopnt pas de tout repos.

Il a confié fin août que des hommes non identifiés se sont rendus chez lui dimanche pour lui proposer trois millions de roubles (environ 95.000 dollars) – c’est-à-dire six fois son salaire annuel de vendeur de pastèques – pour se retirer des élections.

Il s’est également plaint d’autres formes de pressions utilisées pour qu’il se retire. Par exemple, devant la médiatisation qu’a suscité sa candidature, et la certaine popularité que cette dernière a engendré auprès de la population, les autorités ont dressé devant lui un nouvel adversaire, un certain Filipp Kondratyev, un métis né d’un père nigérian et d’une mère russe! En espérant que sa candidature « volera » quelques voix à Crima. « Kondratyev ne s’est manifesté qu’après le démarrage de ma campagne”, a déclaré Crima dans un entretien. “Il est clair que les autorités me considèrent non seulement comme un candidat populaire, mais dangereux. C’est une chose à laquelle elles ne s’attendaient pas”.

La campagne électorale a officiellement démarré le 30 août 2009 et les candidats potentiels doivent fournir une liste de 800 signatures en leur faveur pour pouvoir s’inscrire auprès de ladite commission électorale.

par PJ, 15.09.2009 à 11h58  Répondre

Très intéressant.
D’un autre côté, ce n’est aussi pas simple pour un Noir de remporter des élections en France (sans parler de la Suisse).
Tiens, qqun sait-il si il y a des maires de couleur en France (à part aux Dom-Tom bien sûr). J’imagine qu’ils ne doivent pas être très nombreux.

par Xaxou, 14.10.2009 à 11h22  Répondre
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